Les déchets plastiques demeurent l’un des défis environnementaux les plus persistants au monde. Depuis que l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement a adopté la Résolution 5/14 en mars 2022, les gouvernements négocient un instrument mondial juridiquement contraignant visant à lutter contre la pollution plastique. Plus de quatre ans plus tard, ces négociations n’ont toujours pas abouti à un traité. Les dernières discussions, tenues à Genève en août 2025, se sont achevées sans consensus, révélant de profondes divergences non seulement sur les modalités de mise en œuvre et de financement, mais aussi sur la portée même du traité : doit-il traiter de la pollution plastique tout au long du cycle de vie des plastiques, y compris leur production, ou se concentrer principalement sur la gestion des déchets ?

Pendant ce temps, la production de plastique et la quantité de déchets continuent d’augmenter. Selon l’OCDE, la production mondiale de plastiques est passée de 2 millions de tonnes en 1950 à 460 millions de tonnes en 2019. Sans mesures plus ambitieuses, l’utilisation des plastiques et la production de déchets pourraient augmenter d’environ 70 % d’ici 2040 par rapport aux niveaux de 2020. À l’horizon 2060, les déchets plastiques devraient presque tripler, alors que moins d’un cinquième d’entre eux seront recyclés.

La pièce manquante du puzzle dans la lutte contre les déchets plastiques

Au cœur du problème se trouve une réalité simple mais toujours non résolue : de nombreux pays ne disposent toujours pas de systèmes de gestion des déchets fonctionnels, financièrement viables et couvrant l’ensemble de leur territoire. À travers notre participation à de nombreux projets des Nations Unies consacrés à la gestion des déchets plastiques, un constat revient systématiquement. Les pays ne rencontrent généralement pas de difficultés par manque de déclarations, de politiques ou de législations, mais parce que la collecte, le tri, le transport, le financement, le contrôle de l’application des règles et l’appropriation locale ne sont pas intégrés dans un système opérationnel cohérent.

Les pays les plus développés ont, pour la plupart, résolu la question de la collecte des déchets ménagers. En revanche, ils n’ont pas trouvé de solution durable pour gérer l’ensemble des déchets plastiques produits au sein de leur propre économie. Trop souvent, le problème est simplement déplacé par l’exportation des déchets vers des pays qui peinent déjà à collecter et traiter leurs propres déchets. Les amendements de la Convention de Bâle relatifs aux déchets plastiques, entrés en vigueur en janvier 2021, ont renforcé le contrôle international des échanges de déchets plastiques. Toutefois, un cadre juridique, à lui seul, ne garantit pas une mise en œuvre efficace lorsque les institutions manquent de capacités, de ressources ou d’une compréhension pratique de leurs obligations.

C’est précisément à ce stade que le débat international devient souvent trop abstrait. Des concepts tels que « l’économie circulaire », la « responsabilité élargie du producteur » ou les « approches fondées sur le cycle de vie » sont importants, mais ils ne peuvent remplacer des systèmes fonctionnels sur le terrain. Une communauté qui ne bénéficie pas d’un service de collecte fiable n’a pas besoin d’un nouveau slogan. Elle a besoin d’un circuit de collecte efficace, d’un modèle de financement, d’un opérateur responsable, d’un mécanisme de contrôle et d’une raison concrète pour laquelle les habitants participent au système.

La pollution plastique ne constitue pas uniquement un problème marin. Si les déchets plastiques dans les océans retiennent une grande partie de l’attention internationale, les écosystèmes de montagne demeurent largement sous-estimés. Les communautés isolées situées en altitude sont souvent confrontées à des infrastructures limitées, à des difficultés de transport, à une forte pression touristique saisonnière et à des capacités municipales réduites. Dans certaines régions montagneuses protégées, les interdictions relatives aux plastiques existent sur le papier mais restent mal communiquées et très peu appliquées. Des boissons en bouteille peuvent être transportées à plusieurs milliers de mètres d’altitude, alors que les bouteilles vides ne trouvent souvent aucun chemin vers un système approprié de collecte, d’élimination ou de recyclage.

En l’absence d’un système efficace, les populations développent leurs propres solutions : dépôts sauvages, brûlage à ciel ouvert, collecte informelle ou abandon pur et simple des déchets. Ces pratiques constituent des réponses rationnelles à une défaillance des infrastructures, mais elles ne représentent pas des solutions durables.

Le défi n’est pas l’absence de solutions. Elles existent. La collecte porte-à-porte, les systèmes de consigne, les incitations ciblées pour les communautés rurales, les points locaux de regroupement des déchets, les partenariats public-privé ou encore les unités locales de traitement peuvent tous fonctionner lorsqu’ils sont conçus en fonction de la géographie, de l’économie et des comportements propres à chaque communauté. Dans certaines zones rurales européennes, les municipalités collectent directement les déchets ménagers moyennant une faible redevance par sac. Les automates de consigne deviennent également de plus en plus répandus et encouragent les citoyens à rapporter les bouteilles en PET dans les supermarchés ou les points de collecte.

La véritable question est donc de comprendre pourquoi ces systèmes restent si difficiles à concevoir, financer, mettre en œuvre et maintenir dans de nombreuses régions du monde.

C’est là que Fussbann Group intervient

Fussbann Group développe des solutions numériques qui aident les gouvernements, les municipalités, les organisations internationales et les acteurs privés à mettre en œuvre plus efficacement les politiques existantes de gestion des déchets. Notre objectif est d’améliorer l’exécution opérationnelle, d’accroître l’efficacité des opérations et d’intégrer l’intelligence artificielle dans les systèmes existants de gestion des déchets.

Plutôt que d’ajouter une nouvelle couche de discours politique, nous concevons des outils qui permettent aux institutions de mieux comprendre la réalité du terrain, de suivre les progrès, d’identifier les lacunes, d’améliorer la coordination et de prendre des décisions mieux informées. Les plateformes numériques, les flux de travail assistés par l’intelligence artificielle, les tableaux de bord, les systèmes de reporting et les outils opérationnels contribuent à transformer les engagements politiques en actions concrètes et mesurables.

La crise des déchets plastiques n’est pas uniquement un problème de traité international. C’est avant tout un problème de mise en œuvre. Et la mise en œuvre exige plus que de l’ambition. Elle nécessite des systèmes, des données, de la coordination et des outils numériques capables de transformer les engagements en actions.